L'Olive Noire
Ce matin j'ai acheté le Figaro

Bon, en fait, c’était vendredi dernier.

Première page : grosse photo de Pasqua pas content parce qu’il en veut un peu à Chirac et Villepin. Plus Sarko qui “s’en prend au PS” en haut à gauche concernant l’identité nationale, avec une photo pas vraiment à son avantage… Journal de droite ? A droite de Sarko, “La nouvelle Ferrari, plus puissante et moins polluante”. Et l’histoire du jour en bas : “les Anglais découvrent qu’ils ne sont pas beaux”.


Face à une ligne éditoriale de ce calibre, j’ai tout de suite sorti ma pièce d’un euro trente et me suis baladé en centre-ville, mon Fig’ à la main. Bien sûr, j’ai pris mon air le plus prétentieux possible pour bien m’adapter au stéréotype qu’on voudra me coller.

En fac de droit, ça passe plutôt bien. Par contre, ce matin, quand j’ai lu la page 17 sur l’Identité Nationale au Bistrot, en fac de Lettres, j’ai senti des regards peu approbateurs. Alors que la pensée d’Ivan Rioufol est plus que pertinente : on voudrait nous faire croire que le communautarisme ne monte pas, et la France n’est ni blanche, ni noire, ni métissée.

Enfin passons.
Demain, je fais la même expérience, dans les mêmes conditions.
J’achète Libération.

A l'heure du journalisme local, Orléans TV s'éteint

Mon bon vieux tube cathodique ne pourra plus capter Orléans TV. C’en est fini pour la chaîne, qui n’a pas supporté le changement de direction. Malgré la grève, malgré le soutien de certains orléanais, le destin d’Orléans TV est télécommandé : le tribunal, la cessation de paiement.

Pourtant, à mon avis, il y avait moyen de créer quelque chose autour d’une télé orléanaise.

Je ne vous apprends rien : l’évolution des métiers liés au journalisme et aux médias est fulgurante. Nous sommes dans une période où les techniques et supports se diversifient, se complexifient et s’améliorent. Dans une époque où la connaissance scientifique est telle que tous les domaines des sciences (qu’elles soient exactes, expérimentales, physiques ou humaines) se perfectionnent et s’ultra-spécialisent.

Le journalisme n’échappe pas à ce mouvement car les citoyens ils ont désormais l’opportunité de toucher des publics très précis, en fonction d’attentes spécifiques - et ce, grâce notamment aux réseaux sociaux. D’où l’émergence et le développement rapide des médias locaux, au plus près des lecteurs.C’est la règle géographique qui domine ici : plus un événement est proche de vous, plus il vous touchera. Un avion qui s’écrase au Burkina Faso ? 1 minute d’antenne. Un Rio-Paris ? Des semaines de Unes.

Bien sûr, ce mouvement d’hyperlocalisation se développe sur internet encore plus rapidement qu’ailleurs. La PQR en tremblerait presque… Mais d’ici à ce qu’elle perde une grande partie de son lectorat, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas. La PQR est très implantée et organisée en France. Mais on voit, par exemple, le succès des sites comme LibéVille, qui attirent de plus en plus de lecteurs.
C’est ainsi que Google s’est lancé lundi dernier dans les news locales en France ou que le Guardian demande à des blogueurs de produire de l’info locale. Aux Etats-Unis, ce type de news est déjà présent dans les habitudes de beaucoup d’internautes.


Face à cette ascension fulgurante de l’hyperlocal, je demande légitimement : n’y aurait-il pas eu moyen pour Orléans TV de surfer sur ce phénomène ? La fermeture de cette télé m’attriste autant qu’elle m’exaspère : ça aurait pu être un moyen de former de jeunes journalistes et techniciens.

Chers étudiants, vous êtes motivés pour taffer dans les médias ? Allez faire un petit Tours un peu plus à l’Ouest…

Pour aller plus loin sur l’hyperlocal :
http://blog.slate.fr/le-medialab-de-cecile/355/hyperlocal-journalisme-etats-unis-patch-local-dnainfo

Ton blog, c'est de l'élitisme (et le mien aussi)

“Considérer internet comme la voix du peuple, ou même seulement comme un miroir de l’opinion publique, est, aujourd’hui, totalement abusif”

J’aime bien les éditos en ce moment. En voici un qui fera taire nombre de blogueurs qui se targuent de leur espace d’expression illimité et de leur influence (quelqu’elle soit) sur leur environnement social.

Petit exemple donc de déséquilibre démocratique concernant uniquement l’accès à internet :


Je passe, de plus, sur le fait que beaucoup de blogs sont très peu lus, que même des blogs très lus sont commentés par très peu de lecteurs, et que donc le débat est créé par une quantité assez infime de la population. Même si c’est toujours mieux que rien et qu’on constate que les jeunes ont enfin une grande capacité de s’exprimer. Bien que sur les 89% de 12-17ans et les 86% d’élèves-étudiants, il doit bien y avoir au moins 50% qui sont inscrits sur skyrock.lol

Oh et puis merde, je vous laisse lire l’édito, il incite à réflexion. Et moi, Dieu, je sais que tu aimes réfléchir, lecteur avide de débats démocratico-citoyens !

Pourquoi j'ai kiffé le discours de Dominique de Villepin

Dominique de Villepin est un bel homme.

C’est, de plus, un homme intelligent, distingué, lettré. Villepin a le sens des mots et l’art de la communication. Un art avec lequel il s’amuse à un tel point qu’on lui reproche souvent de dramatiser. De broder des discours abstraits plutôt que de s’attacher à la vie concrète.
Mais ce sont ce détachement et cette hauteur qui lui donne une stature de présidentiable.

Aujourd’hui, à 19h30 sur iTélé, j’ai regardé son discours donné à l’occasion de la réunion de son Club (www.villepincom.net) à la Maison de l’Amérique Latine, à Paris.

Un discours de présidentiable. Officiellement, l’objet est de construire une alternative à droite. Mais aujourd’hui, de Villepin a littéralement fait son appel du 27 Octobre à lui. Une déclaration de guerre à Nicolas Sarkozy, en bonne et dûe forme.

Tout y est passé : la concentration des pouvoirs, la situation économique de la France, l’inefficacité politique des dirigeants actuels, la dépendance de la France à l’international… Tout cela, sans viser directement Sarko. Mais avec fermeté. Et de lourdes critiques qui font plaisir, venant d’un homme de droite.

Etudiant le droit, j’ai surtout apprécié le fait que de Villepin veuille changer le fonctionnement actuel des institutions. Il n’est pas là que question de l’indépendance de la justice qu’il entend protéger, naturellement, suite à l’affaire Clearstream - en sous-entendant qu’il faudra réformer les institutions, de sorte à ce que le Président ne puisse être dans une telle situation de force.

De Villepin a aussi abordé l’équilibre de ces institutions. Face à un hyperprésident, le gouvernement et son premier ministre ne deviennent que des machines à traduire la pensée présidentielle. Et le Parlement une simple chambre d’enregistrement dans laquelle, pour refuser un texte de la majorité, il faut que des députés de l’opposition se cachent derrière des sièges et surgissent au moment du vote.

Egalement, de Villepin dénonce la “démocratie d’opinion”, la politique événementielle. S’il veut dire qu’est malsaine l’utilisation par les hommes politiques des polémiques afin de faire disparaître des problèmes politiques majeurs, alors je suis d’accord avec lui. S’il veut dire qu’il faut stopper le processus consistant en ce que chaque jour un nouveau problème vienne effacer celui d’hier dans la mémoire des citoyens, alors je suis d’accord avec lui.

Enfin, de Villepin souligne un fait important : le fossé qui se creuse entre dirigeants et citoyens. Et notamment le manque de relai des textes législatifs votés auprès du peuple qui se sent ensuite déconnecté de ses représentants. Et de l’action politique de l’Etat. Sur le plan juridique, ce qu’il a évoqué est très intéressant. Cela démontre bien que, même si un texte est voté par le Parlement, s’il n’a pas de légitimité parmi le peuple, alors ce dernier aura tendance à ne pas l’appliquer. Texte voté, mais avec une force juridique faible. D’une part du fait du manque d’information donnée au citoyen concernant ce texte, et d’autre du fait d’un intérêt général bien trop souvent oublié.

Et les exemples de désobéissance civile sont, il me semble, bien plus nombreux depuis que Sarko est en place. Ce qui tend à démontrer que Villepin a raison.

Je suis cependant loin d’adhérer à son idéal politique et de croire que toutes ces paroles sont totalement désintéressées. Mais si ça vous fait plaisir, vous pouvez désormais me traiter de journaliste de droite.

Ah, et ça fait un peu mal au cul d’avoir un titre comme ça quand on a manifesté contre le CPE en 2006. Mais j’assume.

C'est la faute aux médias ! - comme un air de déjà vu...

Les polémiques s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Sens de l’humour particulier de Brice Hortefeux, doigt d’honneur d’Eric Besson à des journalistes de Canal +, propos jugés douteux de Frédéric Mitterrand dans son livre autobiographique, impunité chez les artistes de Roman Polanski et candidature mort-née de Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD… Toutes sont différentes et pourtant la cause d’une aberration dans toute démocratie qui se respecte : les médias sont à nouveau dans le viseur des hommes politiques.

Soupçonnés de marcher à l’audience, aux people et de se soumettre à leurs bas instincts vengeurs, les journalistes sont accusés par la droite de vouloir faire tomber M. Sarkozy. Pire, une volonté de le faire échouer politiquement sans autre motif que de la pure haine. Peut-être les médias veulent-ils pendre notre Président sur un croc de boucher ?

Cela n’a pourtant pas l’air de le perturber car il déclare que, lui, sa « façon d’agir, c’est agir », alors que la façon d’agir des journalistes, c’est « commenter ». Avec son dialecte toujours aussi savoureux, il explique que le métier est différent. Entre politiques et journalistes, le débat est ouvert : qui réfléchit le plus avant de faire son travail ? Probablement les journalistes français, qui désormais sont classés 43e au classement mondial de la liberté de la presse, selon Reporters Sans Frontières. Avant de commenter l’action présidentielle, un journaliste français réfléchirait donc à ce qui peut lui tomber dessus et tournerait donc désormais 43 fois trop sa langue dans sa bouche avant d’écrire un papier.

* putain, quand même, on est classé entre le Surinam et le Cap Vert et à 6 places de l’Italie de Berlusconi *

Ainsi toute la droite est au garde-à-vous pour fustiger les médias, leur esprit trop critique, leurs questions embarrassantes. Frédéric Lefebvre a annoncé la couleur pendant l’affaire Jean Sarkozy en dénonçant un « complot politico-médiatique » visant à déstabiliser son chef. Le complot serait mondial : même le journal télé chinois s’est moqué de l’état de notre pseudo méritocratie. C’est vrai qu’il ne faut pas avoir fait bac +2 – un atout majeur à faire valoir sur son CV – pour comprendre que ce qui se cache derrière ces reproches est une peur des médias et et une volonté de les contrôler.

N’oublions pas que les journalistes sont pour la plupart des « intellos précaires ». Ils ont ainsi le loisir de monnayer un peu de liberté de ton contre des fins de mois plus douces : beaucoup ne le font pas. Mais certains y sont contraints. Je vous le donne en mille : ce ne sont pas ceux qui mettent en valeur les défauts et dysfonctionnements de notre système politique.

Charlotte Gainsbourg a enfin mis en ligne un titre de son prochain album éponyme, fait en collaboration avec Beck : cette chanson s’appelle IRM. Elle est disponible en téléchargement gratuit sur www.charlottegainsbourg.com
Je trouve ça franchement décevant au vu de la qualité de sa voix et de ce que peut faire Beck musicalement. Même si la mélodie d’IRM n’est pas à proprement dire plate, elle n’a pas non plus de quoi me faire un malaise vagal. Et m’inspire même un profond ennui. Il n’y a guère que la fin qui m’entraîne, pour me lâcher aussi vite…
En clair, dans la lignée de son premier album, 5:55, qui était pas mal si j’avais un long trajet d’avion à faire.

Charlotte Gainsbourg a enfin mis en ligne un titre de son prochain album éponyme, fait en collaboration avec Beck : cette chanson s’appelle IRM. Elle est disponible en téléchargement gratuit sur www.charlottegainsbourg.com

Je trouve ça franchement décevant au vu de la qualité de sa voix et de ce que peut faire Beck musicalement. Même si la mélodie d’IRM n’est pas à proprement dire plate, elle n’a pas non plus de quoi me faire un malaise vagal. Et m’inspire même un profond ennui. Il n’y a guère que la fin qui m’entraîne, pour me lâcher aussi vite…


En clair, dans la lignée de son premier album, 5:55, qui était pas mal si j’avais un long trajet d’avion à faire.

Ce matin...

Il y a des matins, comme ça, où l’appartement est un vrai foutoir. Où les pensées s’enchevêtrent dans les amas de vêtements par terre. Ou, parfois même, il n’y a rien à penser.

Il y a des jours où l’on croit stagner. Alors que dans la vie, il faut toujours avancer, quelque soit l’endroit où l’on va.

C’est pour ça qu’aujourd’hui, je me suis décidé, tant bien que mal, à aller en cours.

Ma petite demoiselle...

“Certes, il y a divers talents, incontestablement, qu’il faut avoir, comme de jouer quelque fois du piano, de parler français, de savoir l’histoire, la géographie, le catéchisme et l’arithmétique… et puis voilà… et pas besoin d’autre chose. Et puis aussi la cuisine ; à coup sûr, la cuisine doit entrer dans le domaine des connaissances de toute jeune fille de bonnes moeurs!…

[…]

Alors quoi, ma petite demoiselle ? Alors, qu’est-ce que vous voudrez que je fasse ? Vous voudrez, ma petite demoiselle, comme ça se passe dans je ne sais quels stupides romans, que je vienne sur la proche colline et que je fonde en larmes en contemplant les froides murailles de votre prison, et qu’enfin je me meure, conformément à l’habitude de je ne sais quels poètes et romanciers allemands, c’est bien ça, ma petite demoiselle ?

[…]

Non, ma petite demoiselle, une fois de plus les choses ne se font pas comme ça, et primo il n’y aura pas de roucoulements, veuillez bien ne pas l’espérer. De nos jours le mari, ma petite demoiselle, est le maître, et une bonne épouse bien éduquée doit en tout lui complaire. Les tendresses, ma petite demoiselle, on n’y tient pas aujourd’hui, au siècle de l’industrie ; on vous dit comme ça, finis les temps de Jean-Jacques Rousseau. Le mari par exemple, de notre temps, il arrive affamé du bureau : Chérie, dit-il comme ça, as-tu quelque chose pour tromper la faim, une petite vodka à boire, un petit filet de hareng à manger ? Alors, ma petite demoiselle, vous devez avoir immédiatement, tout prêts, la petite vodka et le petit filet de hareng.
Et le mari mange un petit morceau de grand appétit, il n’a pas un regard pour vous, et il dit : Va tout de suite à la cuisine, mon petit chat, dit-il comme ça, occupe-toi du dîner, et tout au plus une fois par semaine il vous donne un baiser, et encore avec indifférence… Voilà comment les choses se passent à notre manière, ma petite demoiselle ! “

J. Goliadkine dans Le Double de F. Dostoïevski

Interview d'Emmanuel Parody à Orléans

Hier avait lieu une table ronde sur les Nouveaux Médias à la médiathèque d’Orléans, dans son petit auditorium sombre. Alléchant, le programme : discuter de l’aventure web des journalistes, se poser des questions sur le futur d’un journalisme qui n’arrive toujours pas à trouver un modèle économique viable (du moins un modèle-type), savoir ce qu’il en est du journalisme participatif…

Pour vous, étudiants en journalisme, communication, ou lecteurs de tous bords, j’ai rencontré Emmanuel Parody du blog Ecosphere, économiste de formation, publisher du groupe CBS Interactive qui édite notamment ZDnet.com et Gamekult.com. E.Parody est un journaliste spécialisé dans les technologies de l’information, et travaille depuis 2006 pour les Echos afin de s’occuper du Business Developpement et l’innovation.
On sentait à la conférence que sa pensée plutôt anglo-saxonne et son franc-parler au niveau économique tranchaientt fortement avec le discours “habituel” français. Ce qui a beaucoup fait réagir dans la salle, et qui m’a intrigué.

NB : j’ai fait une vidéo, mais comme j’apprends toujours et que c’est ma première interview vidéo, je l’ai un peu ratée : le son est assez désagréable, puisque beaucoup de personnes parlaient derrière. Ca m’apprendra pour la prochaine fois !


Emmanuel Parody à Orléans

L’Olive Noire : Vous disiez à l’instant à la médiathèque que les sites de journalisme recrutaient de plus en plus de spécialistes, notamment des blogueurs, sur des sujets précis pour spécialiser l’information. Cela veut-il dire que c’est encore plus difficile aujourd’hui pour un jeune journaliste de formation de percer dans le métier ?

Emmanuel Parody. : Je pense que c’est plus difficile mais ça n’est pas à cause de ça. Il y a tout simplement moins d’emplois actuellement, le marché est atrophié. En revanche, le conseil à donner à des jeunes journalistes, c’est justement de se spécialiser, c’est à dire développer une vraie compétence et une vraie expertise sur des sujets. Ainsi, ils peuvent très bien avoir une vitrine à travers un blog en partageant et publiant cette expertise, ce qui est également une manière de se faire connaître


O.N. : Pensez-vous que les médias sociaux tels que Facebook ou Twitter changent la manière de faire du journalisme ?

E.P. : Non, je ne pense pas que cela change fondamentalement la manière de faire du journalisme. Je pense que ce sont des outils qui peuvent être utiles dans certains cas. Par exemple, pendant la couverture des dernières élections, certains utilisaient Twitter et publiaient sur leur site les commentaires en direct des utilisateurs. D’autres pendant les émeutes en Iran relayaient ce qui se passait via Twitter. Il fallait bien sûr ensuite qu’elle soit vérifiée.
Il y a différentes manières d’utiliser ces outils. Pour moi ce ne sont pas des médias, ce sont des réseaux sociaux, c’est à dire des endroits où sont les gens ; les utiliser, c’est un bon moyen pour les contacter. Après, on peut très bien travailler sans les utiliser ! Mais pour l’instant ce sont juste des outils de communication, pas des médias.


O.N. : Sur Internet, le public est-il plus jeune ?

E.P. : Pas forcément. Prenez par exemple LePost : on pense que c’est le concept pour les jeunes parce que justement contributif, etc… Mais en fait, le lectorat du Post est assez âgé ! Ce sont peut-être plutôt des gens qui sont déçus de la presse traditionnelle qui se dirigent vers ce genre de site, mais pas nécessairement des jeunes sous prétexte que ça fait “réseau social”. Pour l’instant aucune règle claire ne se dégage ; on sait juste que les jeunes utilisent beaucoup les réseaux sociaux. Est-ce que, parce qu’on ressemble à un réseau social, les jeunes viennent chez nous… Ca n’est pas si sûr. Je pense que c’est toujours le contenu qui est roi et que l’intérêt de ce contenu décide toujours du type de public.


O.N. : Qu’est-ce qui explique le fait que les gens soient déçus de la presse traditionnelle, justement ?

E.P. : Il peut y avoir un problème de contenu, mais aussi un problème de distribution ; si les endroits où sont distribués les journaux ne sont plus les endroits où passent les gens, ça n’a plus d’impact. C’est pour ça que les journaux sont maintenant distribués dans les grandes surfaces : c’est tout bête, mais c’est comme ça !
Mais il y a aussi un problème de contenu parce que derrière un journal, il y a un projet au sens politique, générationnel. Un bon journal colle avec son lectorat parce qu’il représente des aspirations d’une génération ou d’une frange de la population. S’il y a déconnexion avec ces aspirations, le lectorat ne suit plus le journal. Le problème est peut-être là : la presse traditionnelle s’est déconnectée de son lectorat.


O.N. : Pour vous, est-ce que ça ne va pas trop vite pour la presse écrite, ce qui rend impossible pour elle de faire des articles approfondis avec une vraie valeur ajoutée ?

E.P. : Non ; les études disent que la composante temps pour un journaliste augmente. Par contre, les médias avaient l’habitude de se bagarrer entre eux : la presse papier, la télé, la radio. Or, les temps de consommation des médias étaient à peu près stabilisés. Pour faire gros : la radio le matin, la télé le soir, les journaux en déplacement…
Ce qu’a changé Internet, c’est qu’on consomme de l’info au bureau. Internet a créé un nouveau marché en terme de temps ; en s’informant au boulot ou à n’importe quel moment de la journée, ils ont déstabilisé la répartition naturelle du temps consacré à l’information…

Premier twunch orléanais

Pour rappel, un twunch, c’est un twitter brunch. Un truc de geeks qui se baladent dans la rue l’iPhone à la main, et qui ont parfois jusqu’à 10 applications rien que pour tweeter.


Hier soir, c’était le premier à Orléans, et même si c’était le soir, on a d’abord appelé ça twunch ; twdinner, c’est pas top.
On était 5, et que des jeunes : Vlaavlaa, guimove, cpierre45, gregoiredaussin et moi. Followez-nous !

A côté d’eux, je me sentais un peu newbie avec mes 30 petits followers ; mais ça dépend de l’usage qu’on fait de Twitter. Perso, je l’utilise surtout pour chercher des infos sur un sujet précis.
Ce qui ne m’empêche pas d’y aller pendant les cours ; Twitterfox, c’est pratique !


Finalement, la soirée a été très sympa, le twunch se transformant en twittapero ou twapero (all rights reserved) au Havana :

Twunch Orléans

Et bien sûr, je me dois de préciser que l’abus de tweets est dangereux pour la santé !