L'Olive Noire
Je me trouve bien, tout seul là, entre l’instant et l’action, à ne pas savoir quel sera le dernier mot de cette lettre.
Mais  c’est ce dernier mot dont tu te souviendras le plus, très certainement.  C’est con parce que les mots sont tous aussi importants, mais on est  toujours tentés d’aller voir la dernière page et le dernier mot. Pour  mieux appréhender, ou pour évaluer le chemin parcouru. Je ne comprends  pas le dernier mot mais je l’aime, alors je m’efforce d’y penser le  moins possible.

T. m’a tout raconté. Les autres  rwandais nous ont montré, j’ai gardé la pellicule en format mp4. Un film  sur mon ordinateur, placé à côté d’OSS et de vidéos prises à l’arrache  avec ma caméra. 17 ans maintenant et certains trouvent une voie,  avancent. D’autres explosent, d’autres implosent. Personne n’oublie.  Leur force, c’est une fraternité si puissante qu’elle les pousse vers  l’avenir avec espoir.
Ils sont au milieu d’un maelström de destins  et d’histoires opposées qui se côtoient, s’affrontent, s’ignorent, la  plupart du temps se rient au nez. Ils sont là, et espèrent un retour à  un temps qu’ils n’ont pas connu, essaient de dessiner un futur où tout  est à faire, ensemble.

La plupart du temps, les gens se  rient au nez. Rentrés chez soi, se disent “de toute façon moi, bla bla”  à leur mère ou à leur bière. Campent sur leurs positions, feintent de  s’intéresser au fond des gens, laissent leurs intestins de côté quand  ils parlent et détruisent leur foie et leurs poumons petit à petit.

Il  faudrait alors, un jour, choisir son camp. Quand vient ce jour ? Quels  sont les camps ? Veulent-ils se battre, quand dans tes mains je sens le  monde apaisé ?

Croire à nos proches nous renforce, les délaisser fait parfois pousser des ailes, des ailes où sont gravés leurs noms.

Je me trouve bien, tout seul là, entre l’instant et l’action, à ne pas savoir quel sera le dernier mot de cette lettre.

Mais c’est ce dernier mot dont tu te souviendras le plus, très certainement. C’est con parce que les mots sont tous aussi importants, mais on est toujours tentés d’aller voir la dernière page et le dernier mot. Pour mieux appréhender, ou pour évaluer le chemin parcouru. Je ne comprends pas le dernier mot mais je l’aime, alors je m’efforce d’y penser le moins possible.

T. m’a tout raconté. Les autres rwandais nous ont montré, j’ai gardé la pellicule en format mp4. Un film sur mon ordinateur, placé à côté d’OSS et de vidéos prises à l’arrache avec ma caméra. 17 ans maintenant et certains trouvent une voie, avancent. D’autres explosent, d’autres implosent. Personne n’oublie. Leur force, c’est une fraternité si puissante qu’elle les pousse vers l’avenir avec espoir.

Ils sont au milieu d’un maelström de destins et d’histoires opposées qui se côtoient, s’affrontent, s’ignorent, la plupart du temps se rient au nez. Ils sont là, et espèrent un retour à un temps qu’ils n’ont pas connu, essaient de dessiner un futur où tout est à faire, ensemble.

La plupart du temps, les gens se rient au nez. Rentrés chez soi, se disent “de toute façon moi, bla bla” à leur mère ou à leur bière. Campent sur leurs positions, feintent de s’intéresser au fond des gens, laissent leurs intestins de côté quand ils parlent et détruisent leur foie et leurs poumons petit à petit.

Il faudrait alors, un jour, choisir son camp. Quand vient ce jour ? Quels sont les camps ? Veulent-ils se battre, quand dans tes mains je sens le monde apaisé ?

Croire à nos proches nous renforce, les délaisser fait parfois pousser des ailes, des ailes où sont gravés leurs noms.

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