
Je te parle de ma rue, Connard.
T’as pas l’air de remarquer ton propre petit coin de pièce. Y’a un canapé moisi et une fenêtre aux carreaux sales. A côté de ça, tu craches sur le luxe. Tu craches un peu partout, d’ailleurs, tant qu’il y a de l’argent, tu craches. Que souhaites-tu faire de ta vie ? Pour l’instant t’es sur ton canapé moisi.
Moi, j’veux faire de la thune, aller vite, loin et toujours être ailleurs. Car je l’ai admis : on se fait chier rapidement avec les mêmes personnes. Ou, pire : on avance lentement. On pédale fort dans le béton. Parfois même, il nous arrive de rétrograder.
Alors, c’est un peu rude ce que je vais te dire, mais prends-le comme un point de départ. Tu es une merde.
Sauf que, comme je suis quelqu’un de positif - et comme les gens négatifs ne font que rétrograder - je vais t’apprendre quelque chose. Je vais te motiver. Je vais faire de toi quelqu’un de plus sensé : tu es une merde, mais tu as des qualités que tu ignores. Comme tout humain, tu es capable de bouger ton gros cul et de faire des trucs inouïs. Alors tu vas aller courir, dehors.
Courir dix minutes est un bon début. Et surtout, va courir dans ma rue ; pas la tienne. Ma rue, celle pleine de merdes qui n’attendent qu’une chose : te juger. Mais continue de courir. Tu verras, au final, ça fait du bien. Comme un concours de râteaux : ça fait mal aux c… mais putain que c’est bon.
Arrête ta branlette sur Facebook, et sors. Je sais pas moi, va boire une bière, parler à la serveuse, même si elle est moche. Elle doit bien avoir quelque chose dans le crâne. Peut-être même a-t-elle de jolies copines.
Change ton polo, rase-toi, mets un peu de gel, apprends à faire un noeud de cravate, change ton vocabulaire, détends-toi - apprends à rouler un joint si tu as besoin de ça -, pense par toi-même, agis par toi-même, emmerde les autres, fais briller tes shoes et va marcher un peu. Ça te fera du bien, connard. Viens dans ma rue, d’ailleurs.
C’est au 4ème étage. Il reste de la place sur mon canapé. La fenêtre est ouverte.